J’avais à peine vingt ans quand je suis rentré dans la police, j’étais sorti vers les premiers de ma promotion, j’étais assez
doué à cette époque là.
Cependant avant de devenir réellement un policier, il faut passer un sorte de « teste » avec un vrai inspecteur qui
note notre aptitude.
Ce « teste », je devais le passer avec un ami de longue date, Antoine Choupi.
Il était arrivé deuxième ou troisième aux concours, son niveau de réflexion était étonnamment développé pour son
âge.
Pour autant, il n’avait pas la prétention d’être un géni, il se considérait juste comme une personne normale qui fait sa vie
sans se poser des questions existentielles.
Nous devions être sous les ordres de l’inspecteur Jarod Evans, son prénom est le diminutif de Jean Arnaud Red Ode Dao. Il avait
la réputation d’être dure avec les nouveaux, mais c’était sa manière de nous faire comprendre que l’aspect théorique s’était fini, et que nous jouions enfin dans la cours des
grands.
Je me souviendrais toujours de la première fois que je suis rentré dans le commissariat SG qui s’était installé à Arcachon
depuis 1998. Ce commissariat était relié avec d’autres pour organiser des archives, des fichiers de donnés de tous genres et d’autre part, après l’école de police ils recrutaient
souvent.
Dès mon entrée, mon regard se déposa sur une prostituée habillée pour l’été alors qu’il pleuvait à torrent depuis une
semaine.
L’intérieur du commissariat ressemblait à un champ de bataille, des bureaux étaient aussi bien rangés que ma chambre quand
j’avais huit ans. Je pense que ma mère aurait eu une crise cardiaque en voyant ce déplorable endroit.
Antoine et moi, nous essayons de nous frayer un chemin dans ces tranchés, en évitant d’être touchés par des stylos, des
agrafeuses, ou d’autres objets pouvant être lancés.
Au final, nous sommes rentrés dans le bureau de notre supérieur, nous étions impatients de le rencontrer et de pouvoir
agrandir notre expérience.
« -Bonjours, nous sommes vos stagiaires pour cet année, dit Antoine
Il nous regarda comme s’il avait vu la vierge où alors parce que son interlocuteur au téléphone lui avait annoncé une bien
triste nouvelle.
-Désolé les mômes, nous n’avons pas le temps des présentations, vous avez votre première affaire qui vous attend,
répliqua t-il avec un très grand sérieux.
- De quoi s’agit-il, demandai-je avec cette curiosité maladive
-Un suicide, répondit-il avec un ton lent et il continua, un suicide par automutilation. »
Mon cœur s’affola, comme si je venais de courir durant une heure sans m’arrêter, mais je venais juste de comprendre que
j’allais être confronté à la mort.
Nous sommes alors partis en direction d’Arès pour nous rendre sur le lieu du suicide.
Sur le trajet, nous nous sommes mis à discuter pour faire plus ample connaissance.
«
-Vous êtes commissaire depuis longtemps Monsieur ? demanda Antoine
-Assez pour savoir que tu faisais encore dans tes couches, répondit avec un large sourire Jarod.
(Je ne pus m’empêcher de rire.)
Pour te répondre ça doit faire depuis trente huit ans, et si tu veux éviter de marcher jusqu’à Arès tu vas éviter de deviner ou
encore moins de demander mon âge.
-Il doit avoir une bonne cinquantaine d’année, me confia Antoine avec un petit sourire moqueur. »
L’inspecteur était assez athlétique, quelques cheveux blancs parmi ses cheveux bruns, visage bien rasé, il avait les yeux
marron. Il portait une chemise grise à carreaux blanc parfaitement bien repasser, sûrement repasser par sa femme car lorsqu’’ il tournait le volant, son anneau de mariage se reflétait sur le
plafond de la voiture.
« - Et vous les mômes, dites moi pourquoi vous aimeriez être des flics ? demanda Jarod.
-Parce que je veux aider les autres et pouvoir aussi…
-Je ne te demande pas la réponse du questionnaire de police, mais tes réelles motivations, coupa Jarod sèchement, je m’en moque
de ta réponse près enregistrer, moi je m’intéresse au fond. Lorsque tu es impliqué dans une enquête, tu ne te bases pas sur la rhétorique de belle phrase.
Réponds franchement à ma question.
- Je veux être flic parce que je veux permettre aux gens de s’appuyer sur nous pour les aider.
-Tu pourrais tellement mieux faire, et toi Thomas, je n’ai pas entendu ta voix.
- Une de mes amies a subi une agression sexuelle pendant une fête lycéenne et pourtant personne n’a pu l’aider, même pas moi,
alors que je le voulais de tout mon cœur.
Je veux être capable de rendre la Justice aux gens qui réclament d’être aidés.
-Ne confond jamais ta Justice et la Justice, car ta Justice peut se reposer sur la vengeance personnelle et par tes émotions
qui corrompront ta réflexion, ta logique et le résultat final de ton enquête. Alors que la Justice se repose sur les principes de valeurs qui sont incontournables et abandonnent l’idée des
sentiments.
En effet, lorsqu’on est juré, il faut être impartiale, et nous, nous sommes les représentant de La Justice donc nous devons
être impartiale pour rendre une Justice correcte et digne de notre république.
-Et vous pourquoi être rentré dans la police ? interrogea Antoine avec une pointe de curiosité.
-Lors de mon neuvième anniversaire, mes parents m’ont amenés avec ma sœur et mon frère dans une maison de campagne en Corse.
Nous aimions beaucoup la Corse pour ces montagnes indomptables, la couleur bleue azure de la mer Méditerrané nous enivrait des parfums qui n’excitent que là-bas.
Le climat de rêve nous permet de nous étaler sur la plage et de pouvoir bronzer durant des heures entières sans nous demander
quand tout se terminera.
Un jour, au petit matin, mes parents sont partis nous chercher à manger pour nous préparer un petit pique nique de rêve,
mais à midi, personne n’était là, à quatorze heures personne n’était rentrait.
Mais à six heures, une voiture de police entama le chemin menant à notre maison de campagne, un homme descendit de
sa voiture de fonction, il eut le pas grave, il frappa à la porte et il vint vers moi en baissant les yeux.
Il m’annonça que mes parents étaient morts dans un accident de voiture, car un adolescent avait grillé une priorité, il les
avait percuté de plein fouet et les a envoyé en dehors de la route sur le contre bas d’une falaise. Ils sont morts à cause de l’imprudence d’un homme. Un procès eut lieu et on le jugea à cinq ans
de prison ferme.
Cependant, j’appris dans les journaux, qu’il avait été relâché pour bonne conduite.
Par ailleurs, lors de la mort des mes parents, ma tante nous adopta moi, ma sœur et mon frère. Nous avons grandi dans une
ambiance des plus cruels, mes adoptants connaissaient parfaitement le mot « souffrance ». Mon oncle était le genre d’homme qui était obligé de montrer sa force, sa domination sur les
autres en commençant par sa femme et en terminant avec nous.
Nous étions battus chaque soir comme si c’était un rituel sacré…
Ma sœur devenant une belle adolescente, ne tarda pas à subir les avances de ce tyran.
Mon frère comprit que mon oncle allait faire des attouchements sexuels, une nuit, ce despote d’homme rentra dans la chambre de
ma sœur, mon frère rentra avant qu’il puisse se passer l’irréparable.
Mon frère osa le frapper, mais il ne se laissa pas faire, l’oncle le prit à part et le frappa presque à mort.
Cette fois ci, je pris mon courage à deux mains, je téléphonai aux urgences et j’expliquai l’histoire pendant que mon frère
hurlait de douleur.
Dans les minutes suivantes, mon oncle se retrouva interroger par la police pendant que mon frère se faisait hospitaliser en
urgence.
Un homme âgé me parla pour me demander si j’allais bien, il essaya de faire une blague sur son prénom qui est le capital
de l’Australie. Grâce à lui, le despote fut emprisonné pour maltraitance et violence aggravé.
Sydney est devenu un modèle pour moi, voilà pourquoi je suis devenu ce que je suis.
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